Géopolitique Africaine au 16e sommet de l’Union africaine

29 Janvier, 2011
Sommet UA

Géopolitique Africaine était présente au 16e sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba (Éthiopie), du 29 janvier au 1er février 2011, qui a connu une forte participation de chefs d’Etat et de gouvernement du continent. Réunis autour du thème « Valeurs partagées en Afrique : pour une plus grande unité et intégration », ils étaient près d’une trentaine à avoir fait le déplacement dans la capitale éthiopienne, non seulement pour venir discuter et échanger sur les divers maux qui minent le continent, mais aussi pour écouter le message qu’avait à leur transmettre le président français Nicolas Sarkozy, invité d’honneur dudit sommet.

Plusieurs moments importants ont marqué cette seizième réunion des chefs d’Etat du continent. Les multiples crises qui le secouent ont bien entendu constitué l’essentiel des débats, mais cela n’a pas éludé le fait marquant de ce sommet qui était entre autre l’élection à la présidence de l’institution panafricaine, du successeur du président malawite, Bingu wa Mutharika, dont le mandat arrivait à échéance.

A ce propos, suivant le principe de rotation prévu par la charte de l’UA, le tour revenait à la sous-région Afrique centrale de désigner un candidat pour assurer la présidence au nom de cette zone. Le choix des chefs d’Etat de la sous-région s’est donc porté à l’unanimité sur le président de la Guinée équatoriale, Theodoro Obiang Nguema Mbasogo, qui est ainsi devenu le premier chef d’Etat d’un pays d’expression espagnole à être porté à la tête de l’UA.

Dans sa première déclaration en tant que président en exercice, Theodoro Obiang Nguema, a estimé que les crises des valeurs dans la culture africaine ont réduit et continuent de réduire l’unité et la solidarité entre les peuples africains. Ce dernier a poursuivi en admettant que les signes d’instabilité  constatés dans plusieurs pays africains constituent une menace pour la paix, la stabilité et la promotion des valeurs essentielles pour la cohésion au sein des pays membres de l’UA. Le nouveau président a promis pendant la durée de son mandat d’œuvrer pour la préservation de la paix en Afrique.

« Le rêve africain » de Bingu wa Mutharika

Le président sortant de l’Union africaine (UA), le malawite Bingu wa Mutharika, a décidé de faire coïncider la fin de son mandat à la tête de l’organisation panafricaine avec la publication d’un impressionnant ouvrage de 600 pages sur la situation actuelle en Afrique et les perspectives de son développement. Intitulé Le rêve africain : de la pauvreté à la prospérité, ce livre est une sorte de guide qui décline les interventions politiques nécessaires pour que plus d’attention soit accordée, entre autres, au développement agricole en vue de produire assez de nourriture pour nourrir les peuples africains.

« Sans nourriture, nous ne pouvons pas continuer les opérations de maintien de la paix ; sans nourriture nous ne pouvons pas entretenir nos forces de défense nationales ; sans nourriture nous ne pouvons pas maintenir nos enfants à l’école ; et sans nourriture nous ne pouvons pas avoir de la stabilité politique », rappelle en substance le président malawite.

Ce dernier s’est engagé à continuer de défendre et de consacrer son énergie pour la réalisation de l’initiative pour « le panier de nourriture de l’Afrique », une nouvelle approche ciblée qui met l’accent sur l’agriculture et la sécurité alimentaire en tant que tremplin pour une croissance socio-économique durable.

Un discours en rupture de Nicolas Sarkozy

 Le président français n’aura passé que quelques heures dans la capitale éthiopienne lors de l’ouverture du 16e sommet de l’Union africaine (UA) le 30 janvier, mais il a pu marquer les esprits en prononçant un discours vigoureux, engagé, conciliant et à certains égards dénonciateur à l’endroit des puissances occidentales.

Dans une antienne qui est devenue la sienne et qu’il répète à longueur de réunion ou de rencontre avec les dirigeants africains depuis qu’il préside aux destinées de la France, Nicolas Sarkozy qui était l’invité d’honneur de ce 16e sommet de l’UA, a profité de la présence du Secrétaire générale de l’ONU, Ban Ki-Moon à Addis-Abeba, pour appeler l’organisation internationale à procéder dès cette année à la réforme du conseil de sécurité des Nations Unies, afin d’y accorder à l’Afrique la place qu’elle mérite. « La France vous soutiendra dans cette réforme » a lancé le président français à l’endroit de Ban Ki-Moon.

Lors de son allocution en présence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, Nicolas Sarkozy a vanté les mérites et les qualités de l’Afrique qui selon lui, représente l’avenir du monde.

Il a rendu hommage à l’organisation panafricaine pour le rôle majeur qu’elle joue dans la prévention des conflits. Cela est matérialisé par la forte diminution des conflits et un accroissement du nombre d’élection libre et démocratique a affirmé l’invité d’honneur du sommet.

Nicolas Sarkozy a reconnu que le monde a besoin de l’Afrique, mais c’est aux Africains de s’affirmer pour prendre la place qu’ils méritent sur l’échiquier planétaire. « L’Afrique apporte les relais de croissance nécessaire à l’évolution du monde », a insisté le président français.

Le président français a aussi fermement mis en garde contre de nouvelles émeutes de la faim, accusant les spéculateurs de provoquer la volatilité des prix des produits agricoles. Pour lui, il faut accroitre la transparence des informations sur les productions et les stocks tout en coordonnant les politiques agricoles dès qu’une pénurie des denrées menace le monde.

Un panel de cinq chefs d’Etat pour résoudre la crise ivoirienne

Ce 16e sommet de l’Union africaine devait être celui de la résolution du conflit ivoirien né de l’élection présidentielle de novembre 2010, qu’Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo disputent la victoire. À Addis-Abeba, les chefs d’État présents ont certes  une nouvelle fois reconnu la victoire d’Alassane Ouattara, mais ils n’ont pas décidé des moyens à utiliser et à mettre en œuvre pour obliger Laurent Gbagbo à quitter le pouvoir.

L’option de l’usage de la force pour l’y obliger qui a été évoquée un moment par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a été mise en parenthèse, le temps de laisser une ultime chance à la voie de la diplomatie. C’est ainsi que l’UA  et l’ONU ont décidé de la mise en place d’un panel de haut niveau pour la résoudre de manière à préserver la démocratie et la paix. Ce panel sur la Côte d’Ivoire a été mandaté pour évaluer la situation et formuler sur la base des décisions pertinentes de l’UA et de la CEDEAO une solution politique globale.

Cinq chefs d’État, dont un pour chaque région du continent, ont été désignés pour faire partie de ce panel : Blaise Campaoré (Burkina Faso, pour l’Afrique de l’Ouest), Idriss Déby (Tchad, pour l’Afrique centrale), Jacob Zuma (Afrique du Sud, pour l’Afrique australe) et Jakaya Kikwete (Tanzanie, Afrique orientale) et, enfin, Mohamed Ould Abdelaziz (Mauritanie, pour l’Afrique du Nord) qui assume sa présidence.

Un mois a été accordé à ce panel pour conclure ses travaux et fournir ses conclusions qui seront approuvées par le conseil de paix et de sécurité de l’UA.

Les chefs d’Etat et de gouvernement réunis à Addis-Abeba, ont pendant deux jours débattu et statué sur de nombreux dossiers brulants du moment, afin d’essayer de résoudre les situations de crise ou de blocage qui prévalent dans plusieurs régions du continent. Même si la situation dans le Maghreb et l’enlisement de la crise postélectorale en Côte-d’Ivoire continuent de dominer l’actualité continentale, il y a bien d’autres dossiers sur lesquels les participants ont porté leur attention qui ont pu connaitre quelques avancées significatives.

Boris Kharl Ebaka

   

Réagissez

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
  • Les adresses de pages web et de messagerie électronique sont transformées en liens automatiquement.
  • Tags HTML autorisés : <a> <em> <strong> <cite> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd> <h1> <h2> <h3> <sup> <p><br />
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
  • Use to create page breaks.

Plus d'informations sur les options de formatage

CAPTCHA
Ces chiffres et lettres ci-dessous sont à saisir pour vérifier si vous êtes un visiteur humain afin d’éviter les soumissions automatisées spam !
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.

Vos réactions

31/12/2014 - 13:12 L’option de l’usage de la

L’option de l’usage de la force pour l’y obliger qui a été évoquée un moment par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a été mise en parenthèse, le temps de laisser une ultime chance à la voie de la diplomatie.
Emploi contrat avenir

11/03/2011 - 18:03 très beau recit j'apprécie

très beau recit j'apprécie vraiment!!!!