Les pays du G20 et la question de l’aide au développement

3 Novembre, 2011
Sommet G20

Sommet du G20 : Les pays du G20 et la question de l’aide au développement

Le président français Nicolas Sarkozy, avait promis en janvier dernier, de faire de l’aide au développement, l’une des priorités de son mandat à la tête du G20. Alors que les leaders du G20 se réunissaient à Cannes pour un sommet (3 au 4 novembre 2011), les questions de l’aide au développement ont été peu abordées pendant les travaux par les principales puissances économiques de la planète qui avaient plutôt les yeux braqués sur la crise de la zone euro et de la Grèce. 

Pendant ce sommet, les porte-voix de l’Afrique concernant l’aide au développement ont donc été le président de l’Union africaine, Théodoro Obiang Nguema, par ailleurs président de la Guinée Equatoriale, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, et le milliardaire philanthrope et fondateur de Microsoft, Bill Gates. Tous ensembles, ils ont plaidé pour qu’un regard particulier soit accordé aux problèmes et aux défis auxquels font face les pauvres et au respect des engagements pris.

Pour Bill Gates, l'aide au développement devrait être considérée comme un atout tant humanitaire qu'économique au profit des pays pauvres mais aussi des économies avancées dans la mesure où elle favorise la reprise économique mondiale. Il en va, a-t-il souligné, de la vie d'enfants mais aussi, de la stabilité du monde.

Lui-même très actif à travers la fondation « Bill & Melinda Gates » qui a distribué des milliards de dollars d'aide humanitaire, Bill Gates a formulé dans son rapport au G20 toute une série de propositions concrètes.

Mais de façon générale, l’inquiétude des défenseurs des pays les moins avancés, est que les leaders du G20 ne tiennent pas leurs promesses et ne prennent pas d’engagements concrets prétextant l’absence d’accord général pour toujours renvoyer aux calendes grecques l’application des décisions prises.

Les désaccords pays des riches sur la création d’une taxe sur les transactions financières

L’une des propositions soumise au G20 et défendue par certains pays du G20 comme la France et l’Allemagne, est la création d'une taxe sur les transactions financières (TTF) qui rapporterait, selon les experts, jusqu'à 250 milliards de dollars par an. Ceux-ci souhaitent aussi une taxe sur les carburants des transports maritimes et aériens, une contribution des fonds souverains des Etats et un allègement du coût des transferts de fonds effectués par les diasporas vers les pays pauvres.

Mais à ce jour il parait peu probable que cette taxe puisse voir le jour, particulièrement à cause du refus des pays comme les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la Chine, ou le Canada, à souhaiter une mise en place de celle-ci.

Même si pendant le sommet, le président français, Nicolas Sarkozy, a évoqué « une analyse commune » avec les Etats-Unis sur la question de cette taxe, d’autres voix comme celle de la chancelière ont affirmé le contraire en disant que les positions déjà connues de certains pays ont été renforcées.

Un nouveau contrat social pour le 21e siècle

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé pour sa part les leaders du G20 à écrire un nouveau contrat social pour le 21e siècle en faisant de l'emploi une priorité alors que la colère gronde dans de nombreux pays frappés par un taux de chômage élevé.

 « Le chômage augmente presque partout. De plus en plus de jeunes gens n'ont pas d'emplois et peu de perspectives d'en trouver un. Les inégalités économiques augmentent. La pauvreté augmente. C'est pourquoi les gens descendent dans la rue. Ils sont angoissés, en colère, indignés. Ils voient un monde déséquilibré », a déclaré Ban Ki-moon.

Le Secrétaire général de l'ONU a appelé les dirigeants des 20 plus importantes puissances économiques à écouter leurs peuples, leurs espoirs et leurs aspirations. Selon lui, les gens à travers le monde réclament des emplois, ainsi que la dignité et le respect qui découlent d'un emploi décent.

« La dette de l'Europe, les déficits de l'Amérique, la crise du monde riche, cela domine les titres d'actualités. Mais à ce sommet de Cannes, les enjeux sont plus importants. Ce sommet ne doit pas seulement consister à jouer les pompiers de la finance. Il doit s'agir de la reprise économique mondiale, d'une croissance qui soit durable et ouverte à tous, qui entraîne une véritable reprise dans l'économie réelle », a insisté Ban Ki-moon.

Le Secrétaire général a rappelé qu'il avait reçu récemment un rapport de son groupe consultatif de haut niveau présidé par la Directrice exécutive de l'ONU-Femmes, Michelle Bachelet, qui plaide en faveur de l'instauration dans tous les pays d'un socle de protection sociale.

Selon ce rapport, environ 5,1 milliards de personnes n'ont pas de sécurité et de protection sociale dans le monde. Seulement un peu plus de 15% des chômeurs du monde entier perçoivent une aide.

Comme à l’accoutumée, le sommet du G20 n’aura pas su combler les attentes des pays les moins avancés quant aux efforts à fournir par les pays riches pour réduire la fracture entre le nord et le sud.

Alan Alexandroff, directeur du projet « Digital 20 » à la Munk School of Global Affairs à l'Université de Toronto (Canada), a fait une analyse de la situation en affirmant que l'architecture économique mondiale actuelle était telle que toute crise régionale posait de graves menaces sur les autres parties interdépendantes du monde.

Ce que semblent oublier les pays du G20 et que rappelle à juste titre, Samuel A. Worthington, président et PDG de l'association américaine « Inter Action », c’est que la crise grecque, crise plus largement européenne, autant que la crise fiscale aux Etats-Unis, ont un impact directement négatif sur le monde en développement. Il ajoute que cela réduit les envois de fonds, les investissements des banques à travers le monde, particulièrement les banques européennes en Afrique, et rend les prospectives générales de la croissance mondiale plus basses.

Les pays du G20 se doivent à la lecture de tout ceci, de prendre à cœur la résolution des problèmes des pays pauvres, la stabilité du monde en dépend.

 

Boris Kharl Ebaka (Envoyé spécial à Cannes)

 

Mots clés:

Réagissez

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
  • Les adresses de pages web et de messagerie électronique sont transformées en liens automatiquement.
  • Tags HTML autorisés : <a> <em> <strong> <cite> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd> <h1> <h2> <h3> <sup> <p><br />
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
  • Use to create page breaks.

Plus d'informations sur les options de formatage

CAPTCHA
Ces chiffres et lettres ci-dessous sont à saisir pour vérifier si vous êtes un visiteur humain afin d’éviter les soumissions automatisées spam !
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.

Vos réactions