Table ronde Géopolitique Africaine : L’Afrique est le meilleur porte-voix de la francophonie dans le monde

19 Mars, 2011
Table ronde sur la Francophonie au salon du livre 2011

Pour cette table ronde de la revue Géopolitique Africaine autour de la francophonie, le stand livres et auteurs du basin du Congo, avait réuni des intervenants prestigieux pour discuter de ce thème majeur.
Olivier Barrot, journaliste à France télévision de l’émission « un livre un jour », était le modérateur idéal de cette table ronde qui a eu pour intervenant, l’ambassadeur du Congo en France, Henri Lopes et  Hervé Bourges, homme de médias français et auteur du très remarqué « l’Afrique n’attend pas » publié en 2010 chez Actes sud. En guise d’introduction à cette table ronde, Olivier Barrot a émis des interrogations quant à l’avenir et au rôle de la francophonie qui selon lui est un mot chargé qui recouvre un passé lourd, mais qui ne joue pas pleinement son rôle. Il a estimé que la francophonie en tant qu’organisation ne faisait pas assez pour promouvoir l’usage du français, particulièrement en Afrique.

Cette interrogation du modérateur a provoqué la réaction d’Henri Lopes qui s’est dit surpris par celle-ci, même s’il la comprenait. Henri Lopes en s’appuyant sur des chiffres, notamment 200 millions de francophones, a déclaré que l’avenir de la langue française se trouvait en Afrique, puisque selon des estimations, d’ici 2050, la majorité des locuteurs du français seront africains.
Quant à ses inquiétudes, Henri Lopes les justifie par sa crainte de voir cette organisation (organisation internationale de la francophonie) qui permet aux habitants de diverses origines et se trouvant dans des continents différents d’avoir en partage l’amour d’une même langue. Il s’inquiète du fait que l’organisation internationale de la francophonie (OIF) tant à devenir une organisation plus francophile et moins francophone.

Hervé Bourges est venu appuyer les propos d’Henri Lopes, en soutenant que l’avenir de la francophonie et du français se trouvaient effectivement en Afrique. Il a admis s’être trompé à une certaine époque, puisqu’il combattait la francophonie, croyant à tort que c’était une organisation qui était imposée aux anciennes colonies françaises. Avec le temps il a fini par comprendre que la langue française était un élément unificateur, une langue riche qui permet de défendre l’identité de chaque peuple, porteurs de valeurs.

Cependant,  Hervé Bourges a déploré deux choses. Premièrement ; le fait selon lui que, les français sont les moins francophones de tous les membres de l’OIF, puisque dans les hauts cénacles en France, on prône pour un abandon du français au profit de l’anglais. Ensuite il a estimé que le français n’était pas assez respecté parce que dans les conférences internationales, le français est peu ou pas du tout parlé et subi le diktat de l’anglais.

Rebondissant aux inquiétudes émises par les deux intervenants, Olivier Barrot, en a profité pour leur demander ce qu’il fallait faire pour que l’OIF valorise mieux le français pour lui donner la place qu’elle mérite sur la scène internationale.

Répondant à cette question, Henri Lopes pense qu’être francophone ce n’est pas que parler français, ce n’est pas qu’adorer le français, c’est être capable de parler plusieurs langues dont le français. La force d’une langue martèle t-il, ne se mesure pas par le nombre de locuteurs qu’elle a, mais par sa diffusion. Et sur ce point précis, il estime que le français n’est pas en perte de vitesse, puisque plusieurs personnes, plusieurs pays parlent cette langue. Henri Lopes a par ailleurs insisté sur l’importance du bilinguisme chez les africains pour leur permettre de pouvoir échanger avec le reste du continent.

Enfin le modérateur a voulu savoir s’il y avait lieu d’avoir de l’espérance pour la langue française dans dix années à venir.
Hervé Bourges y a répondu en laissant transparaitre son pessimisme qui est justifié selon lui, par le fait que la France, premier pays concerné, ne s’intéressait pas assez au combat de la défense du français dans le monde. Pour ce dernier, il faut une ressaisissement des autorités pour aider à protéger ce patrimoine linguistique.

Et quand un ministre congolais dans le public a réagi en demandant aux deux intervenants, si comme lui, ils ne s’inquiétaient pas de tous les métissages qui naissent avec l’introduction de langues locales dans le français parlé ou écrit et qui risquent de faire perdre sa vraie valeur à la langue, Henri Lopes a coupé court en déclarant que le français avait tout a gagné à avoir une attitude souple par rapport aux apports d’autres langues. L’écrivain francophone a dit l’ambassadeur congolais, a le droit de puiser dans toutes les diverses décantations de la langue.

Quant à Hervé Bourges, il a conclu en disant qu’une langue s’enrichit forcément des apports d’autres langues.

En somme on l’aura compris, le débat sur la place du français dans le monde va continuer à faire rage aussi longtemps qu’elle prendra pour référence la langue anglaise. Mais une chose au moins est certaine pour tous, les plus beaux jours du français portent les couleurs de l’Afrique.

Boris Kharl Ebaka

Henri Lopes au Salon du livre 2011 Hervé Bourges au Salon du livre 2011 Hervé Bourges et Olivier Barrot au Salon du livre 2011 Hervé Bourges, Olivier Barrot et Henri Lopes au Salon du livre 2011

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