Table ronde Géopolitique Africaine : le cinquantenaire, quel bilan un an après les festivités ?

20 Mars, 2011
Table ronde géopolitique sur le cinquantenaire

Quel sens donner à la célébration en 2010 du cinquantenaire des indépendances des pays africains francophones ? Quel impact sur les prochaines années ? La réponse aux questions d’Yvan Amar, modérateur de la table ronde, a donné lieu à un débat musclé et franc qui a révélé la détermination des décideurs congolais et africains, acteurs de la géopolitique africaine, à montrer que le continent, évoluant à son rythme, devait dorénavant être considéré comme un véritable partenaire international, responsable de ses erreurs, maître de son histoire et de son évolution.

Devant un public nombreux, passionné par l’Afrique et curieux de découvrir le stand Livres et auteur du bassin du Congo, Yvan Amar a commencé par interroger Éric-Joël Békalé sur les effets des manifestations qui ont célébré le demi-siècle des indépendances. Pour ce dernier, l’inventaire est « positif en Afrique tout comme en France. Par contre, établir un vrai bilan consiste à se poser les questions essentielles afin de s’affranchir des séquelles de la colonisation. Ce bilan doit être accompagné de travaux économiques, politiques et culturels. »

« L’Afrique noire serait-elle bien partie ou serait-elle bien repartie ? » Réagissant à cette interrogation et se référant à l’écrivain congolais Tchicaya U Tam’Si, Jean-Luc Aka-Evy a considéré que les évènements étaient comparables à « un cours d’eau qui coule naturellement. Les évènements, eux aussi, coulent d’eux-mêmes. Le passé étant derrière nous, nous nous intéressons dorénavant au futur. Nous voulons et nous devons nous approprier notre nouvelle pensée. Se demander si l’Afrique est bien partie ou bien repartie est aujourd’hui une question dépassée, emportée par le cours d’eau. Il faut à présent écouter l’Afrique en ré majeur, non plus en ré mineur. »

Le ministre Henri Ossébi a pour sa part fait le point sur l’existence d’une ou de plusieurs Afriques, englobant dans cette diversité la politique, le social et la culture. Pour lui, évoquer le cinquantenaire oblige à considérer le passé et l’avenir, car cet anniversaire a été et continue d’être un challenge pour le continent. Henri Ossébi a encore expliqué qu’en raison de ce défi, les États avaient consenti de grands efforts pour la réussite des festivités, ce qui a contribué à faire rejaillir et consolider l’unité nationale : « C’était la célébration du concept de l’État-nation et l’occasion d’efforts spécifiques pour la réflexion et la construction d’infrastructures. »

Évoquant entre autres l’évolution de la démographie, il rappelle que « l’Afrique n’était pas aussi peuplée il y a cinquante ans. Aujourd’hui, plus de 50% de la population est jeune. Ces multiples changements économiques, sociologiques et démographiques, ainsi que la diversité des peuples et des cultures, obligent à considérer que l’Afrique est plurielle. » Le ministre congolais a par ailleurs ajouté avec passion que l’Afrique devait être considérée avec autant d’égards que l’Inde ou la Chine, qualifiant de faux débats les polémiques provoquées par les afro-pessimistes ou les afro-optimistes.

Intervenant à son tour, Henri Lopes a fait remarquer que célébrer le cinquantenaire avait été un devoir envers la population. « Cet anniversaire nous a donné et devrait continuer à nous donner l’occasion de réfléchir sur l’avenir et sur les nouvelles générations ». Il a dénoncé les médias étrangers qui « parasitent nos voix en n’informant que sur les situations négatives et peu valorisantes pour le continent ». Tout en expliquant qu’il existait bien une variété d’Afriques, notamment en littérature, le diplomate congolais s’est exclamé : « N’ayons aucun complexe, même de nos échecs, car aucun pays au monde ne s’est construit sans avoir trébuché ni s’être sali ! »

Prenant la parole en tant qu’ancien secrétaire général du cinquantenaire des indépendances africaines, Jacques Toubon a évoqué l’impact de cette célébration. Selon lui, l’événement a permis à l’Afrique francophone et à la France de repartir sur de nouvelles bases et de resserrer leurs liens. Après avoir rappelé les stratégies de coopération et de développement mises en place lors du sommet Afrique-France de Nice en mai 2010, il a estimé que le véritable enjeu restait les quarante prochaines années.

Sur ces mots de l’homme politique français, Yvan Amar a ouvert les débats avec l’assistance, portant sur les perspectives de l’Afrique et les faits marquants de l’année 2010 susceptibles d’influencer l’avenir du continent africain.

Carmen Féviliyé

Eric-Joel Békalé, Henri Lopes et Yvan Amar Henri Ossébi et Jacques Toubon Jacques Toubon et Jean-Luc Aka-Evy Dédicaces Henri Lopes

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13/04/2011 - 22:04 L'Afrique est aujourd'hui

L'Afrique est aujourd'hui dans une situation très délicate car,elle est prise en otage dans un système de mondialisation qui le condamne à subir les conséquences de ce dernier.Disons le haut et fort l'Afrique fait l'objet d'intenses pillages de la part des pays "riches "en complicité de ses dirigeants.Tant que ce système perdure,l'Afrique n'aura les forces nécessaires pour garder la tête hors de l'eau.