NOTES DE LECTURE N°52

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par R. S. TCHIMANGA

2014-11-03

par René Pélissier

2014-11-03
 

TCHICAYA U TAM’SI. LE VIOL DE LA NUIT. VIE ET ŒUVRE D’UN MAUDIT 
Boniface Mongo-Mboussa
Vents d’ailleurs, 2014


Sevré de l’affection de sa mère dès la plus tendre enfance, Gérald a ensuite beaucoup de mal à suivre le chemin que lui trace son père, un de ces « évolués » que l’administration coloniale a produits et qui, très vite, quitte l’enseignement pour divers postes de commis dans le secteur privé, avant de s’enrôler comme sergent dans l’armée française au moment où éclate la guerre, et gravit ensuite les marches de la hiérarchie sociale en devenant, après la Libération, le premier député  noir  de  l’Afrique  équatoriale  française  (AEF)  à  l’Assemblée nationale, au moment de la Constituante en 1946. Arrivé en France, le  jeune  Gérald  a  maille  à  partir  avec  l’école  et  souffre  de  ne  pas pouvoir  s’émanciper  de  l’inévitable  condition  de  mal-aimé  avec  ce pied  bot  qui  lui  fait  vivre  un  véritable  enfer  dans  les  cours  de récréation. Voilà donc, pour la vie de Tchicaya U Tam’si, fils de Jean Félix-Tchicaya,  député  du  Moyen  Congo  et  du  Gabon  sous  la Quatrième république... 

Bien documenté, l’ouvrage de Boniface Mongo-Mboussa apporte, pour  la  première  fois,  des  éclaircissements  sur  les  causes  de  ce handicap   que  l’on   croyait,   jusque-là,   lié   à  une  malformation congénitale. La scolarité en France est tout aussi bien décrite avec, notamment, le nom de son premier mentor sur la voie de la poésie. La généalogie comme la genèse du nom du député sont expliquées. Le livre élucide la plupart des zones d’ombre que les bribes de notices biographiques  présentaient  jusque-là.  L’accès  à  la  correspondance échangée  avec  Mambou  Aimée  Gnali  fait  pénétrer  le  lecteur  dans l’intimité  de  Tchicaya  U  Tam’si  qui  se  confiait  volontiers  à  cette cousine.  Sa  très  grande  connaissance  des  moindres  détails  de  la littérature négro-africaine donne également à l’auteur l’occasion de faire pénétrer le lecteur au cœur des intrigues tantôt loufoques tantôt sordides, dans les méandres des rapports de Tchicaya avec les pères de la négritude d’une part, et les écrivains des générations ultérieures, d’autre part. Le chapitre sur Sony Labou Tansi donne lieu, également, à des digressions utiles pour aborder les rapports avec la Phratrie des écrivains congolais.

Voilà, donc, pour le biographique. Autrement dit : l’anecdote et, selon une lecture moins innocente, voilà pour le pré(-)texte...

 

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